La mer Rouge

mer Rouge

La mer Rouge s'étend entre l'océan Indien au sud et la Méditerranée au nord, à laquelle elle est reliée par le canal de Suez. Elle sépare l'Afrique de l'Asie et appartient au bassin indo-pacifique, l'une des régions les plus riches en biodiversité marine au monde.

Pourquoi elle porte ce nom

Plusieurs explications circulent. La plus souvent retenue attribue le nom à une cyanobactérie, Trichodesmium erythraeum, dont les efflorescences occasionnelles teintent l'eau de rouge en mourant.

D'autres hypothèses évoquent les montagnes rouges qui la bordent, ou un système de désignation des points cardinaux par des couleurs, employé par plusieurs peuples anciens, le rouge désignant le sud. Le nom antique de mer Érythrée vient du grec erythros, rouge.

Une mer née d'une déchirure

La mer Rouge n'est pas une mer ordinaire : c'est un océan en formation. Elle occupe un rift, une zone où la plaque africaine et la plaque arabique s'écartent, à raison de quelques millimètres par an.

Cette origine explique sa forme allongée et étroite, ses profondeurs importantes en son axe, plus de deux mille mètres, et la présence, au fond, de dépressions remplies de saumures chaudes très salées, riches en métaux, qui intéressent les géologues comme les industriels.

Une eau particulière

La mer Rouge est l'une des mers les plus salées du globe : l'évaporation y est intense, aucun fleuve permanent ne s'y jette, et les échanges avec l'océan Indien se font par un détroit étroit et peu profond, celui de Bab el-Mandeb.

Elle est aussi l'une des plus chaudes : les températures de surface dépassent régulièrement trente degrés en été, et les eaux profondes restent tièdes, une singularité mondiale.

Ces conditions, hostiles pour beaucoup d'espèces, ont produit un taux d'endémisme élevé : une part importante des poissons et des invertébrés qui y vivent ne se rencontrent nulle part ailleurs.

Les récifs coralliens

Ce sont eux qui ont fait sa réputation. Les récifs frangeants bordent une grande partie du littoral, avec des tombants spectaculaires et une eau d'une clarté exceptionnelle, l'absence d'apport fluvial limitant les particules en suspension.

Un fait remarquable retient aujourd'hui l'attention des scientifiques : les coraux du nord de la mer Rouge présentent une résistance inhabituelle au blanchissement thermique. On suppose qu'ils descendent de populations ayant dû franchir des eaux très chaudes lors de leur recolonisation post-glaciaire, ce qui les aurait sélectionnés. Ils constituent l'un des rares refuges coralliens potentiels face au réchauffement.

Une route maritime majeure

La mer Rouge est l'une des plus anciennes routes commerciales du monde, et l'ouverture du canal de Suez en 1869 en a fait l'un des axes les plus stratégiques de la planète : une part considérable du commerce maritime mondial et du transport d'hydrocarbures y transite.

Deux points de passage la contraignent : Suez au nord, Bab el-Mandeb au sud. Toute perturbation sur l'un ou l'autre a des répercussions immédiates sur les chaînes d'approvisionnement mondiales, l'alternative étant le contournement de l'Afrique, plusieurs milliers de kilomètres et une dizaine de jours de navigation supplémentaires.

Les menaces

Le réchauffement et l'acidification des eaux, qui affectent les coraux. Le tourisme de masse dans certaines zones, avec ancrages, piétinement et rejets. Les rejets urbains et industriels. Le trafic maritime, avec son risque de pollution accidentelle et ses eaux de ballast, vecteurs d'espèces invasives.

Le canal de Suez a d'ailleurs ouvert un couloir de migration d'espèces vers la Méditerranée, phénomène connu sous le nom de migration lessepsienne, dont les effets sur les écosystèmes méditerranéens sont considérables et irréversibles.

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